Une fenêtre sur le Bénin et l'Afrique...
Apparemment le bout du tunnel n’est pas pour demain en ce qui concerne l’affaire PVI-Ng. On pensait s’en approcher avec le pardon accordé par le Président Boni Yayi. Malheureusement, il n’en sera rien puisqu’entre-temps, le jugement rendu pas la Ccja et ses différentes interprétations sont venus pour semer la zizanie dans la tête des Béninois. Depuis ce temps, les Béninois étaient toujours dans l’attente jusqu’à ce qu’une décision du conseil des ministres vienne une nouvelle fois relancer les débats. Voilà pourquoi depuis quelques jours, on observe un regain de dialectiques en faveur d’un camp ou d’un autre. Ministres et avocats soutenant le gouvernement, et députés et avocats soutenant le principal concerné Patrice Talon. Par ailleurs, ce qui devient cocasse, c’est la pléthore de gens qui se sentent oubliées d’affirmer soutenir tel ou tel autre camp. Et pour cause, combien sont aujourd’hui à pouvoir connaitre le véritable contenu du contrat signé entre le gouvernement et Benin Control ? Peu de personne pour ne pas dire 2, 3, 4 ou 5 et pas plus. Donc, entendez par là que même des ministres, des députés et des avocats parfois vus comme des croque-morts, s’érigent en des défenseurs d’un camp ou d’un autre, alors qu’ils ne maitrisent même pas le contenu du dossier qui oppose Yayi à Talon. Et c’est à juste titre car il y a des choses qui ont milité en faveur de la signature de ce contrat et qu’on ne saurait déballer au grand jour « ici et à l’extérieur » comme le dirait le professeur mathurin Coffi Nago. Gros sous ou autres, tout le monde est libre d’aller de son argumentaire, libertés d’opinion et d’expression obligent. De toute façon, « ceux qui savent ne parlent pas, ceux qui parlent ne savent pas. Le sage enseigne par ses actes, non par ses paroles. » affirme Lao-Tseu.
Pourquoi pas moi ?
« Lorsqu’une chauve-souris porte un chapeau, suis-le ; il t’appartiendra là où elle marquera une pause » dit une sagesse béninoise. Voilà qui anime les uns et les autres qui se disent ne pas avoir son mot à dire dans cette affaire, reviendrait à du suicide car le dénouement peut procurer des avantages, de l’argent. Autrement dit, tout le charivari qu’on observe par-ci par-là est dû à cela. Le Béninois ne voit que son propre intérêt dans toute chose, exit la Nation. C’est l’argent qui fait courir tous ces gens qui n’ont d’yeux que pour le dénouement heureux de cette affaire en leur faveur. Ils ont beau tenu les meilleurs discours, c’est Talon qui perd actuellement parce que c’est lui qui ne peut pas mettre pieds dans son pays natal. Et ne me demandez pas s’il croit aux propos de Boni Yayi tenus sur Rfi : « ... . Mon cher compatriote, Patrice Talon est libre de ces mouvements, il peut venir en tant que pair de la nation et je suis prêt à lui accorder une audience s’il la demande, comme cette audience est réservée à tout citoyen de mon pays... ». Autrement dit, les gens ont beau rivaliser d’arguments, seul Talon ne peut revenir dans son pays. De plus, Yayi sait qu’il part qu’il n’a rien à perdre si ce n’est ses courtisans décidés à se faire de l’argent en montant au créneau à tout moment.
Par ailleurs, si un dixième de l’énergie de Boni Yayi dans cette affaire pouvait être consacré aux véritables problèmes des populations des contrées reculées du Bénin, cela serait la bienvenue. De l’autre, si Talon pouvait consacrer un dixième de son argent aux œuvres caritatives comme construire des modules de classes ou équiper des écoles en tables et bancs, cela ferait avoir quelques soutiens de plus ou lui donner une autre image au lieu de continuer à nourrir quelques rapaces ou hommes politiques qui n’ont d’yeux que pour son argent. Ce n’est pas pour rien que Lao-Tseu pense que : « Plus le sage donne aux autres, plus il possède. » c’est pourquoi Bouddha dit : « on peut allumer des dizaines de bougies à partir d'une seule sans en abréger la vie. On ne diminue pas le bonheur en le partageant. »
Akkilou YACOUBOU