Une fenêtre sur le Bénin et l'Afrique...
« Le gouvernement, avec à sa tête le Président de la République, Dr Boni YAYI a obtenu fraichement plus de 244 milliards de Francs Cfa de l’Union Européenne, dans le cadre du 11ème Fonds européen de développement (Fed)» ; telle est l’annonce faite par le ministre en charge de l’économie et des finances, Komi Koutché, il y a quelques jour, au sujet du financement du développement du Bénin. Selon le ministre, c’est la coopération entre l’Union Européenne et le Bénin qui se poursuit ainsi, pour la période 2014-2020 car, a-t-il précisé, ces fonds alloués au Bénin seront destinés à trois secteurs de concentration à savoir : le renforcement de la gouvernance, la transformation structurelle de l’économie nationale et l’amélioration du bien-être de la population. Autrement dit, il s’agit de mener des actions dans les domaines « de la promotion de la bonne gouvernance, du développement durable du secteur agricole et de l’accès à une énergie moderne et durable ». Des domaines qui sont très cruciaux pour tout Etat qui ambitionne de quitter la zone rouge des pays en développement. Si ces 372 millions d’euros vont réellement dans les domaines pour lesquels ils sont vraiment destinés, il n’y a pas de doute que les souffrances des populations seront allégées. On n’en demande pas mieux même si à l’étape actuelle, cela suscite de nombreuses interrogations car les accords de prêts deviennent légion dans un petit pays comme le Bénin. Même si le développement a un prix, à quel point les prêteurs auront à leur portée le dos squelettique du contribuable béninois afin de le siphonner allégrement ?
Il faut parfois savoir marquer une pause
L’Etat est une continuité, dit-on. Cependant, toute gestion de pouvoir tirant vers la fin de son mandat doit savoir raison garder. Il s’agit de s’approprier le rapport de Brundtland de 1987 qui parle de développement en relation avec la satisfaction des besoins de la génération actuelle, sans priver les générations futures de la possibilité de répondre aux leurs. Donc, tout pouvoir finissant doit limiter certains actes afin de ne pas mettre en difficulté ceux qui doivent lui succéder. Son principal souci doit être le niveau de l’endettement du pays. Si en amont, on a fait des efforts pour réduire ce niveau afin de mériter la confiance des partenaires techniques et financiers (PTF), il n’est pas bienséant de chercher à annihiler ces efforts pour revenir à la case départ. Normalement, toute personne au pouvoir a au moins un domaine dans lequel elle excelle le plus. A cet effet, elle doit y concentrer ses efforts afin qu’à son départ, les gens retiennent que tel gouvernement y a excellé. Toutefois, à vouloir tout faire, on perd le cap car « qui trop embrasse, mal étreint ». Autrement dit, une personne ne peut prétendre à lui seul, faire le bonheur de toutes les générations. Voilà pourquoi un président sortant devrait s’occuper à bien achever ses chantiers lancés ou entamés affin de laisser quelque chose à la postérité. « Le succès est la somme de petits efforts, répétés jour après jour » a dit Leo Robert Collier.
Les oubliés des temps modernes...
En politique, on cherche un bouc émissaire pour justifier ses frasques, incompétences ou couacs. Ici, ce sont les populations qui sont mis au devant pour justifier les raisons de telle ou telle autre chose. Autrement dit, les accords d’aides ou de prêts sont signés au profit des populations mais en fin de compte, elles ne voient rien venir. Tout simplement, ces fonds au lieu de descendre vers les populations, sont détournés à d’autres fins sans qu’une issue favorable ne se dessine à l’horizon. Au lieu que les actions se matérialisent sur le terrain, c’est plutôt le pauvre Béninois qui est contraint à tout faire pour aider son pays à éponger sa dette sans cesse croissante. Voilà comment le leurre des milliards « de la promotion de la bonne gouvernance, du développement durable du secteur agricole et de l’accès à une énergie moderne et durable » va toujours continuer. Une chose est sûre, c’est que l’annonce des milliards d’aides ou de prêts crée tout au moins, un sentiment d’espérance auprès des populations destinataires. La suite, on la connaît...