Une fenêtre sur le Bénin et l'Afrique...
D’une, on est passé vaille que vaille à deux. Et en moins d’une décennie, on est à sept universités publiques sur toute l’entendue du territoire national avec en prime 22 centres universitaires. En effet, après l’Université d’Agriculture de Kétou, l’université polytechnique d’Abomey et celle de Lokossa, l’Université des sciences des arts et techniques de Natitingou (Usatn) c’est au tour de l’Université de Porto-Novo (Upn) de voir les autorités gouvernementales s‘affairer pour qu’elle voit le jour.
C’est la dernière création du gouvernement de Boni Yayi qui poursuit son long chemin vers la couverture du territoire nationale en universités et centres universitaires. Tellement les choses évoluent si vite qu’on en vient à déterminer que les six anciens départements ont aujourd’hui chacun leur université à travers les villes d’Abomey-Calavi, Parakou, Kétou, Abomey, Lokossa, Natitingou et Porto-Novo. Un bonus pour le département de l’Ouémé-Plateau qui en compte a lui seul, deux universités. Et à cette allure, il est à se demander si d’ici le petit matin du 6 avril 2016, le président Boni Yayi ne va pas encore sortir une autre carte universitaire pour doter d’autres villes puisqu’en plus d’être de petits pains, elles sont des bonbons que Yayi donne pour contenter les populations de diverses régions du pays. Cela n’est pas exclure car on a un président qui touche à tout et qui creuse, fouille, bêche ; ne laisse nulle place où la main ne passe et repasse. Une politique pour mettre en difficulté ses adversaires afin qu’il ne puisse plus inventer la roue au Bénin. Et tout y concoure qu’on veuille le remarquer ou pas. Est-ce une prouesse ? La question reste posée.
Par ailleurs, si a priori, cette action est à saluer parce que déconcentrant le savoir universitaire à travers les départements, il est aussi à s’intéresser sur la capacité de l’Etat à pouvoir subvenir aux différents besoins de ces lieux de savoirs en forte croissance. La situation que connaît l’Université d’Abomey-Calavi, en dit déjà long. De toute façon, la meilleure des prouesses aurait été que les universités déjà existantes soient dotées de tout ce dont elles auraient dû avoir avant qu’on ne pense à en multiplier le nombre. Mais ça, c’est certainement une autre histoire. Voilà pourquoi on se permettra de dire comme La Fontaine qu’un riche laboureur, sentant sa mort prochaine, (il dit qu’il n’est pas fini) trouva en son pays qu’un trésor est caché dedans. Et il veut tout exhumer...
Dans ce méli-mélo, il est à se demander si Université ne voudrait pas dire : établissement semblable à un mouton qu’on donne tout en gardant la corde ; établissement que l’on peut se permettre de créer tels de petits pains agrémentés de bonbons ; établissement bonbon que l’on crée par pur plaisir mais qu’on en a du mal à gérer ; établissement de ‘’gbangban’’ comme à Abomey-Calavi...
Akkilou YACOUBOU