Une fenêtre sur le Bénin et l'Afrique...
Il y a des signes qui ne trompent pas, et d’ailleurs qui avertissent du déluge prochain. C’est peu dire que d’affirmer que quelque chose ne tourne pas rond dans les rangs des Fcbe, Yayi le sait, plus encore Nago qui n’en est pas un leader mais qui est cependant le représentant du chef de l’Etat au siège des députés, l’Assemblée Nationale. En effet, bien qu’ayant pu se faire deux (02) députés Rb, des moindres ça se comprend, les Fcbe ne se résolvent pourtant pas à perdre le député Sabi Toukou Dari qui, lui, a décidé prendre le large. Las de suivre un groupe de partis sans réelle articulation où les fausses promesses et l’infantilisation sont devenues le mode de gestion. Son dépit s’est manifesté par une procuration qui a suscité tous les remous mais qui ne l’a pas ramené à de meilleurs sentiments. Aussi face à son absence de l’hémicycle, la présidence de la République a-t-elle jugé utile de s’emparer, voire de kidnapper la femme du député transfuge pour lui faire subir un interrogatoire serré aux fins de mettre le grappin sur son homme qui est alors perçu comme la brebis égarée à récupérer coûte que coûte et souvent contre les droits humains. Curieuse posture d’un camp qui, ces dernier mois, a procédé au recrutement de ses députés dans le camp adverse, donc à faire tourné la planche à billets et les promesses biscornues pour débaucher dans la majorité à l’Assemblée Nationale. La pauvre dame a ainsi été emmenée de force au palais de la République, où elle a dû répondre à des tas de questions. On se croirait dans la vieille Union soviétique, en somme sous un régime dictatorial méprisant les droits de la personne humaine.
Eric Djangoun
(Le Béninois Libéré, 03/04/2009)