Une fenêtre sur le Bénin et l'Afrique...
Après que la commission Adjaho a déposé son rapport et ses recommandations, le gouvernement vient à son tour de matérialiser sa volonté de donner un autre visage au découpage territorial. Plus que 21 préconisé par les hommes de l’ancien ministre de Soglo, le gouvernement a fait l’option de 29 départements comme configuration définitive de notre pays. Du coup le nombre de préfets et de chefs lieux de départements connaîtra un bond sans précédent. Même si cette option est moins querelleuse que la précédente qui avait officieusement coûté son siège au ministre Démolé Moko, il n’en demeure qu’elle ne fait pas partout l’unanimité. On lui reproche de ne pas être réaliste et de vouloir contenter tout le monde de peur d’être confronté à une bronca. En plus de cela il y a qu’aujourd’hui l’opinion et la classe politique se posent la question de savoir les véritables raisons qui motivent ce nouveau découpage. En effet en plus d’augmenter les charges de l’Etat à cause du nombre relativement pléthorique de préfets qui en découlera, il y a que le rôle dévolu à ses représentants de l’Etat central à toutes les chances d’être travesti. Sur le dernier volet des inquiétudes manifestées, ce qui dérange trouve sa justification dans la récente gestion du contentieux électoral qui s’en est suivi après les communales. Le rôle des représentants de l’Etat que sont les préfets qui ont été pour la plupart les bras séculiers de l’Etat central au cours de la dernière élection. Ces derniers du nord au sud ont pesé de tout leur poids pour que la gestion des résultats des communales soit conforme aux desiderata de l’Etat central. Cet excès de zèle est l’argument brandi par les opposants à ce nouveau découpage territorial pour dénoncer le fait que ce choix est en réalité une ruse pour mieux contrôler et quadriller le territoire national en vue d’imposer sa volonté comme cela a été l’occasion pour les communales de 2008. Une récrimination qui vaut son pesant d’or eu égard au rôle qu’ont pu jouer les préfets dans la mauvaise organisation de la dernière communale. Dès lors on comprend le scepticisme prononcé qu’affiche l’opposition devant cet empressement de Yayi à procéder au nouveau découpage territorial. Pour eux le Chef de l’Etat veut préparer le terrain et installer ses sbires avant la présidentielle de 2011. Une façon de contrôler les résultats, et de s’assurer l’issu du vote. La preuve est que les prochains préfets seront forcément issus du vivier Fcbe. Dans un tel contexte il est plus qu’évident que ces messieurs qui ont pu bénéficier du titre de nouveaux préfets obéiront au doigt et à l’œil à Yayi et tant pis si pour cela ils doivent participer à une mascarade électorale. Et c’est ce qui représente aujourd’hui le réel danger que court notre pays.
Eric Tchiakpè