Une fenêtre sur le Bénin et l'Afrique...
La vérité fait rougir les yeux mais ne les crève pas. Fatigué de la pression que Boni Yayi met sur son mentor, le vieux Zinsou, pour obtenir son adhésion à travailler avec le gouvernement, le député Ahossi a sorti le grand jeu. Il a fléché Yayi au fin fond de la citadelle de son orgueil. Il a envoyé courant deuxième moitié de ce mois de février, une lettre confidentielle à Boni Yayi dans laquelle il n’y a pas eu de sujets tabous. Si l’objectif inavoué est de tendre les nerfs à Boni Yayi afin qu’il lui colle enfin la paix, il est une évidence que le député n’a dit que des vérités. Le député a rappelé à Boni Yayi ce qu’il sait déjà et qui ronge sa gestion du pays en faveur de son obsession pour rempiler en 2011. Et pour ne pas dire n’importe quoi, le député G13 a préféré entretenir Yayi sur l’une des régies financières qu’il maîtrise mieux pour y avoir servi comme cadre, la douane. Et pour atteindre Yayi dans le cœur, il lui a rappelé le cas d’un douanier patriote qu’il a lui-même bombardé à un poste névralgique de la douane afin que celui-ci remplisse sa mission : distribuer de l’argent pour la réélection du chef du Changement. L’honorable Ahossi est allé plus loin en rappelant le passé lugubre de ce douanier qui a fait la prison dans une affaire de braquage. Aujourd’hui, le douanier patriote chef d’un parti politique, limité intellectuellement et professionnellement dans les exigences relatives à ce poste, se livre à ce qu’il connaît le mieux, distribuer l’argent aux populations acquises aux couleurs cauris. Le style de rédaction est si direct et grave que par respect pour l’institution ‘’président de la République’’, nous ne saurions nous amuser à publier l’intégralité de la lettre. Toujours est-il qu’il sera difficile pour Boni Yayi de supporter la senteur du parfum du rédacteur après l’avoir lue. L’honorable Ahossi a trouvé le meilleur moyen de se faire détester, pardon, oublier par Yayi durant cette campagne de formation du gouvernement. Sûr que Boni Yayi a déjà déchiré cette lettre, tant il n’est pas facile pour un président aussi amoureux de son orgueil que Boni Yayi de se faire jeter la vérité en face de cette façon. Et voilà qui a libéré et définitivement, le député G13 du joug du prince du Changement.