Eric Djangoun
Visiblement, la situation inextricable dans laquelle se trouve Simon-Pierre Adovèlandé a fait du chemin dans les esprits des stratèges du Changement. En effet, les hommes et femmes dont la mission est de faire réélire Boni Yayi, fort des difficultés du coordonnateur Mca, ont décidé de passer à une nouvelle étape dans leur stratégie. Ladite étape consiste à décrédibiliser tous les potentiels adversaires de Yayi. Une croisade généralisée serait en préparation à l’encontre de plusieurs hommes politiques et potentiels candidats. Au nombre de ceux-ci figurent en bonne place le leader Tchoco-tchoco, Adrien Houngbédji, le premier adjoint au maire de Cotonou, Léhady Soglo, l’actuel président de la Boad, Abdoulaye Bio Tchané et bien d’autres supposés essentiels dans le dispositif de campagne de l’opposition. Au menu, un programme de désinformation et d’intoxication sur tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, pourraient s’aligner au départ de la présidentielle 2011. De sources bien informées, une série de dossiers a été mise à jour, pour jeter le discrédit sur les probables candidats. Bien que n’étant pas tous fondés, l’ordre a été donné de les galber, d’ajouter des faits nouveaux pour faire porter le chapeau à chacune des personnes visées. Le champ étant large et n’ayant pas tous été forcément aux affaires, une prospection est envisagée pour fouiller les poubelles, ressusciter même les morts en vue de montrer à l’opinion que ceux qui aspirent à remplacer le chef de l’Etat n’ont pas l’intégrité irréprochable qui ferait d’eux des hommes nouveaux. Ainsi, pour l’ancien ministre des finances de Kérékou, Abdoulaye Bio Tchané, une nouvelle mouture de l’affaire Sonacop aurait été taillée sur mesure pour l’incriminer et le peindre en noir. Le leader Tchoco-tchoco aura toujours, selon nos informations, droit au retour dans les média avec le décès dans sa piscine de sa nièce en 2005. Quant au premier adjoint au maire de Cotonou, Léhady Soglo, le plan sans être définitif, consisterait à défaut de trouver mieux, à renvoyer l’IGE dans les locaux de la mairie de Cotonou afin de fouiller les comptes de la municipalité. Une fois cette besogne abattue, il serait plus aisé de trouver des comptes douteux et d’instruire par la suite la justice à trancher. Même si par la suite, il appartiendrait à la justice de dire si oui ou non il y a mauvaise gestion. Dans la liste des cibles, figure aussi le député, chef de file du groupe Force clé, Lazare Séhouéto, dont la candidature à défaut d’être évidente demeure une éventualité à ne pas négliger. Mieux, ce dernier serait à défaut d’être lui-même candidat, une figure de proue de l’UN. Le fragiliser ne serait somme toute pas une si mauvaise affaire. Pour ce faire, son passage au ministère de l’Agriculture est l’objet d’une attention particulière et il ne serait pas surprenant que dans ce registre, quelques squelettes soient sortis du placard pour le tourmenter, lui rendre le sommeil difficile. Ainsi, voilà la nouvelle trouvaille, fruit d’une stratégie dont le but est de mettre en difficulté toutes candidatures autres que celle de Boni Yayi. La question est de savoir, si les Béninois déjà très soupçonneux dans l’affaire Simon-Pierre Adovèlandé, malgré la campagne télévisuelle explicative des motifs de son arrestation par Maître Sadikou Alao, se laisseront distraire par une nouvelle campagne contre de probables candidats adversaires de Yayi à la présidentielle de Mars 2011. En attendant, le peuple attend de voir par qui s’ouvrira cette campagne d’intoxication et de désinformation.