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Une fenêtre sur le Bénin et l'Afrique...

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Grogne de l’opposition contre la Lépi Boni Yayi peut ne pas être coupable

Ayant constaté avec la naissance du G13,  la désolidarisation de la société  civile se sa cause et la naissance du G4 qu’une grande partie de certains décideurs la plus acquise à sa cause ne souhaite plus par conséquent le revoir à la tête du pays après 2011, Boni Yayi a cru devoir s’offrir certaines garanties. Tirant leçon de ce que les politiciens sont nettement en avance sur lui pour ce qui concerne, les élections sur sa forme analogue c’est-à-dire classique et archaïque, Boni Yayi qui croit encore en l’adhésion de la masse faite des habitants de nos campagnes, pense que son retour au pouvoir passe nécessairement par l’adoption d’un système électoral qui peut échapper à l’expérience avérée de ses grands frères de la classe politique. Après donc 11 scrutins, le Bénin ne pouvait plus se permettre à l’ère du Changement  de tourner dos à la Lépi. L’objectif étant de réduire les inscriptions frauduleuses, de fiabiliser les listes afin d’aboutir à des élections transparentes en confiant à l’outil informatique la gestion des données recueillies sur le terrain. Voilà qui peut justifier le fait que Boni Yayi s’accroche contre vents et marées à la Lépi pour passer avec assurance le cap de 2011.

 

La suspicion étant le propre d’un contexte électoral pour chaque parti de voir dans la prunelle des yeux de l’autre le diable, le fait que Boni Yayi  s’accroche à faire ces élections avec la Lépi a de quoi faire rougir les yeux aux opposants. A cela, il faut ajouter le fait que les circonstances qui caractérisent le lancement de cet outil électoral, offrent aux adeptes de l’alternance une batterie de raisons de s’inquiéter. Puisque tout sera l’œuvre de l’homme, des individus, l’opposition au régime du Changement ne se retrouve du tout pas en sécurité dans un contexte de Lépi où bien qu’il s’agisse de gestion par ordinateur, les manettes de l’opération restent sous l’autorité de l’homme. En l’absence d’un consensus fait de 50% opposition et de 50% mouvance, Houngbédji, Séhouéto et les autres  ne veulent pas assister bouche cousue à ce qu’ils estiment à juste titre être un suicide électoral. Et leurs arguments ne manquent pas de mordants. Pour cause, les données sécuritaires qui  doivent servir de base à une Lépi techniquement efficace, ne sont pas d’actualité. L’Insae et l’Ign n’étant pas associés aux fondamentaux de l’opération, la classe politique  se demande  sur quelle légitimité veut se reposer cette Lépi. Voilà qui a justifié  la 1ère sortie de l’opposition le 17 novembre dernier pour tirer sur la sonnette d’alarme quand subitement moins de 48 heures plus tard, le chef de l’Etat lance l’opération.

 

La réalisation de la Lépi nécessitant de lourds investissements, il va s’en dire que tout gouvernement compte d’abord sur l’appui financier de nos partenaires. Et il se fait que ces partenaires ne tiennent pas souvent compte des détails pour donner leur accord de principe sur l’aide à vous apportée sur la réalisation d’un fondamental à la démocratie. L’accord d’aide de ces partenaires à la Lépi s’inscrit donc dans ce cadre. Boni Yayi n’entend pas laisser  cette occasion et veut profiter pour faire sa Lépi puisque, une fois, les crédits accordés, vous les perdez si vous ne les consommer pas à temps. Sans oublier qu’une nouvelle négociation peut ne pas être fructueuse. Voilà une raison purement économique et quelque part solide que Boni Yayi peut bien prendre pour revêtement à sa crainte de départ. Ce qui est normal.

 

Les reproches de l’opposition au régime Yayi dans cette affaire pouvaient perdre  de leur teinte si Boni Yayi était bien coaché ; si le chef de l’Etat avait des conseillers, des experts en matière électorale et surtout en Lépi pour lui permettre de réussir un saupoudrage sans pour autant ouvrir des opportunités  à ses adversaires de l’attaquer . Boni Yayi est donc seul dans un contexte où sa seule lucidité, son intelligence et même son expérience ne peuvent rien pour cerner tous les contours de cette question. Sinon qu’il aurait été très facile pour la mouvance de savoir qu’on ne peut pas parler de Réna sans se greffer sur les données pour tout au moins l’expertise de l’Insae, de l’Ign ou des autres institutions de décomptes de population. De même, un conseiller aurait pu souffler à Boni Yayi de s’entourer de toutes les garanties quant au recrutement de cartographes. L’opposition aurait pu se taire si les experts connus sur le plan national avaient été associés à la chose. Mais tel n’a pas été le cas. Bien au contraire, Epiphane Quenum qui est le mauvais génie de Boni Yayi dans cette affaire, s’est lancé dans le recrutement des agents cartographes et recenseurs à niveau approximatif. Toute chose qui conforte la méfiance ô combien légitime de Houngbédji et ses hommes. L’entourage de Boni Yayi aurait bien pu travailler à lui éviter ces failles aussi visibles que le nez dans  le visage.

 

La tension qui s’observe actuellement autour de la Lépi, tire ses origines de la nomination de l’homme aux cheveux blancs à la tête de l’organe qui gère la Lépi (Cps). A-t-on oublié qu’il y a quelques mois  ce même Epiphane Quenum, s’affichait au soleil pour faire le procès de Houngbédji, Amoussou, Séhouéto et les autres à qui il reprochait d’avoir coulé ? Il ne savait pas qu’il venait de les braquer contre sa personne. Au nom de quoi alors ces personnalités de l’Union fait la nation doivent-elles se sentir en sécurité dans un gris-gris qu’il dirige ? Point n’est besoin de chercher la cause de sa chute à l’endroit où on a tombé. Comme il est plus intelligent de s’abstenir de faire le procès de la charge qui est penchée alors que c’est une personne infirme qui la porte. C’est Epiphane Quenum ou le nom Epiphane Quenum qui est le gros humus qui nourrit les graines de la discorde dans cette affaire de Lépi . Et comme si cela ne suffisait pas, c’est encore lui qui s’offre encore à des envolées verbales pour tendre les nerfs à ses détracteurs au lieu d’essayer de les rassurer. Boni Yayi doit se rendre compte que la petite erreur humaine qu’il a faite au départ en favorisant l’émergence de cet intrigant à la tête de l’organe politique de la gestion de la Lépi, s’est aujourd’hui transformé en faute lourde du fait de la mauvaise lecture que fait le dissident et membre de la Rb, Epiphane Quenum.

 

La Lépi de Boni Yayi est malchanceuse. A peine en gestation qu’elle promet toutes les malformations de ce monde. Et pour cause, en lieu et place du consensus qui aurait pu être l’utérus dans lequel cette Lépi allait prospérer, c’est plutôt dans une matrice faite d’intrigues, de suspicion, de conflits, de haine, qui lui sert d’abri. Epiphane Quenum est d’une Rb que les autres membres de l’Union fait la nation continuent toujours de suspecter d’être de connivence avec le pouvoir. A tout ceci, il faut ajouter le silence de Rosine Soglo, de Soglo père et du prince héritier face aux écarts de comportement de leur militant alors même que la Rb aux côtés des autres dit être en opposition à Boni Yayi. Houngbédji, Amoussou et Lazare Séhouéto couvent une haine contre le sort que leur fait endurer la Rb et Boni Yayi est trop bien placé pour servir de souffre-douleur d’un sentiment qu’ils ne peuvent pas courageusement exprimer. La Rb et ses responsables doivent, s’ils veulent être francs et fidèles aux accords de Bohicon qui ont précédé ceux de Kouhounou, régler le cas Epiphane Quenum. Une bonne sanction sur la tête du porte-parole Quenum peut bien faire office de sacrifice pour conjurer le mauvais sort des suspicions et du grand climat de méfiance qui caractérisent cette affaire du lancement de la Lépi.

 

Au regard de tout ce qui précède dans cette affaire et à bien analyser la crainte des uns et des autres en tenant compte du fait que Yayi a trop tôt senti que tout se muscle contre lui. Son attachement à la Lépi pourrait bien être l’expression de son instinct de conservation. Yayi peut bien être de bonne foi dans cette affaire. C’est un aspect que l’opposition ne doit pas négliger dans son appréciation de la situation. Le problème ici posé à Boni Yayi et aux opposants à son régime semble être celui de médiation, de communication et de dialogue. Où est donc Albert Tévoèdjrè ?  Médiation devant l’éternel, le Renard qui a déjà dans sa bouche son fromage, n’a plus son temps au corbeau.  Il louche maintenant sur un fromage à grand diamètre et à bonne facture à la taille de l’Afrique. Albert Tévoèdjrè a aujourd’hui les yeux rivés sur le poste de président des médiateurs de l’Afrique que de s’occuper à régler les problèmes de ring entre Yayi et ses challengers. Le fait que la Lépi est un fondamental pour la démocratie n’est pas encore perçu par tous y compris le Renard de Djrègbé fier d’avoir saisi son fromage, son emploi sur les 20000 par lui proposés.

 

En ce moment où tout semble corroborer la thèse d’une Lépi non consensuelle, la question qui trotte dans la tête de chacun des concernés est de savoir s’il faut surseoir à cette opération de Lépi. Bien évidemment Epiphane Quenum d’une voix stridente, plus aigue que celle de Yayi vous dire Non, Non, Non ! Il est hors de question qu’il voie son rêve se briser de si tôt, celui de s’offrir de vieux beaux jours en homme fortuné après cette opération. Caisse noire, budget de fonctionnement et tous les ingrédients sont au rendez-vous pour faire de Quenum un petit bourgeois qui n’aura plus besoin de ces Soglo pour se faire un avenir. Du côté de Boni Yayi, son Non a plus de sens pour ne pas dire qu’il est républicain même s’il est difficile de dissocier l’expression de son instinct de conservation à l’urgence d’une Lépi, une Lépi consensuelle pour  offrir une légitimité aux résultats de la présidentielle de mars 2011. Du côté de l’opposition, point n’est besoin d’ouvrir ce débat, cette Lépi au parfum de Quenum doit être zingué avant d’être enterré.  Ce qui revient à la question de savoir : faut-il surseoir à l’opération Lépi ?

 

Dossier réalisé par : Aboubakar TAKOU

 

 

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