Une fenêtre sur le Bénin et l'Afrique...
En prélude au corps à corps des urnes le dimanche prochain, messieurs Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, arrivés respectivement premier et deuxième à l’issue du premier tour des élections, étaient hier soir face-à-face pour répondre aux questions de notre confrère de la télévision ivoirienne RTI. Comme l’ont souhaité les deux intervenants et le modérateur, la courtoisie était au menu des débats. Les questions de développement, d’organisation du pays et les perspectives en vue de fermer définitivement les blessures de la guerre que cet Etat vient de traverser, ont été passées aux peignes fins. Face à l’historien et président Gbagbo qui savait bien de quoi il parlait à la télévision, l’ex-premier ministre Alassane Dramane Ouattara a montré que l’expérience et les connaissances à l’école du vieil éléphant, feu Félix Houphouët Boigny, compteront pour aider le peuple ivoirien à gagner la victoire du développement économique et social. Et c’est dans un ton empreint de courtoisie et de fraternité que les deux hommes ont épluché les questions relatives à la guerre, aux accords de linas-Marcoussis, de Ouaga, et de Pretoria etc. Sur les questions de sécurité, de diplomatie et d’intégration régionale, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara ont montré aux Ivoiriens que ce n’est pas le fruit du hasard qu’ils aient été au coude à coude à l’issue du premier tour et par conséquent, il méritait tous le fauteuil présidentiel. Le niveau du débat était d’une telle élégance qu’on se demande si on pourra faire mieux au Bénin en mars prochain quand on prend en compte les dernières sorties de Boni Yayi devant les zémidjans et ses allégories au sujet de la jarre trouée, tout ceci ajouté aux frasques qu’on lui connaît, nul doute qu’un éventuel face-à-face entre lui et l’admis au second tour serait des plus médiocres. Etant président et organisateur des élections, la tradition africaine veut que tout au moins, Yayi soit au second tour où il croiserait les fers avec Abdoulaye Bio Tchané ou Adrien Houngbédji, deux hommes reconnus à l’international pour leur facilité à évoquer les sujets pointus. Rongés par le pouvoir, Boni Yayi ne présente à notre humble avis, de point de vue densité de neurones, aucun poids devant ces deux intellectuels. Coincé, il n’est pas écarté que l’on compte dans les travers du genre, ‘’j’aime ce garçon’’ pour parler de Lawani, son ancien patron à la Bceao devenu son ministre. Sachant que Boni Yayi a suivi l’intégralité du face-à-face télévisé Gbagbo-Ouattara et a bu comme tous les Béninois l’élégance dans laquelle Ouattara tutoyait Gbagbo, la soif de copier le style nous réserve encore d’énormes surprises. On aurait certainement eu droit au cliché dans le genre « Tu m’énerve Adrien ….je suis encore ton président et après Dieu c’est moi dans cette salle… » ou « Jeune Tchané, tu ne sais pas à qui tu as affaire… je peux ordonner à l’instant ton arrestation dans tel dossier… ». Voilà ce à quoi les téléspectateurs vont être gavés en mars prochain puisqu’il aura un face-à-face télévisé entre les deux protagonistes avant le second tour. Le médecin du docteur Boni Yayi, le capitaine Cissé devrait dès à présent mettre son patient sous magnésium et une dose de Diazépam en attendant le face-à-face fatidique puisqu’il faut éviter à Boni Yayi de s’emporter pendant le débat étant donné qu’il s’énerve trop vite.