Une fenêtre sur le Bénin et l'Afrique...
(elle ouvre la brèche aux fraudeurs)
Annie Léwan
Lorsque certains accusent le gouvernement de Boni Yayi et ses décisions d’être hâtives et parfois précipitées, il y a des raisons de croire que ce ne sont pas des propos d’opposants ou dénués de sens. Actuellement le recensement des victimes de Icc-services, étale une fois de plus les limites de la capacité du gouvernement à réagir en période de crise. Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour à la préfecture de Cotonou, un des points de recensement de ceux qui ont laissé une partie de leur peau quand ce n’est pas carrément leur peau, dans les promesses de richesses des responsables de Icc-Services, amis du gouvernement. A la préfecture de Cotonou, pour ne parler que de ce cas, il est clair que la commission n’a pas compris l’urgence du drame et ne prend d’ailleurs pas son travail au sérieux. A ce stade, il y a de quoi se demander si ce n’est pas un autre complot contre les intérêts du peuple doublement spolié, qui se prépare. En effet, après officiellement plus de 5 jours de travaux, donc plus de la moitié du temps de 10 jours parcouru, le brillant bureau d’enregistrement installé à la préfecture de Cotonou, caracole avec un chiffre mythique de moins de 700 personnes recensé sur un nombre qui visiblement ne cesse de croître au jour le jour et qui est en apparence 5 fois supérieurs au nombre déjà enregistré. Le comble de la fantaisie c’est la gestion artistique du flot continu qui déferle sur la préfecture. Un seul bureau pour enregistrer tout ce monde qui ne décroit pas, tellement le poste lentement fonctionne. Tout compte fait, il devrait rester ce vendredi compris deux jours. On ne sera pas surpris d’apprendre que les dates soient revues, afin de permettre à tous les pauvres hères de se faire enregistrer. Une fois de plus c’est ainsi que les choses iront, à moins que la commission n’en décide autrement et empêche ceux qui ne seraient pas dans les délais de se faire enregistrer.
Une méthode qui institutionnalise la fraude
En annonçant pompeusement que le délai de recensement serait du 16 au 26 juillet, les hommes de la commission on prouvé qu’il n’avait aucune idée de l’ampleur des dégâts causé par Icc-services, ce qui est excusable. Mais de n’avoir pas pris les mesures idoines, une fois avoir constaté le ras de marée qui les submergeait, est la preuve que le gouvernement précipite ses citoyens dans les mains des malfrats et des individus sans foi ni lois qui ne manquent pas devant une telle aubaine de frapper. En effet, comment comprendre qu’un trafic de place ne naisse pas dans une telle situation et qu’au passage des délinquants n’ouvrent pas des bureaux parallèles ? Pire, que le seul poste ne fasse pas de ce travail temporaire, une raison pour s’enrichir très vite. Il ne faut pas être surpris de constater qu’avec un tel bureau, les premiers venus ne seront pas les plus tôt servis. Bref quand on voit le nombre impressionnant de personnes qui se bousculent dans la cour de la préfecture de Cotonou et l’organisation mise en place, on comprend comment le Changement n’était qu’un vain mot, un concept vide de sens et que finalement ce n’est pas demain la veille du jour où les choses changeront.