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Une fenêtre sur le Bénin et l'Afrique...

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Relations entre professionnels des médias et la Haac Le Pnpb pour un partenariat plus valorisant

   Le mercredi dernier, le Patronat national de la presse du Bénin (Pnpb) a donné au Codiam de Cotonou une conférence de presse afin de se prononcer sur plusieurs sujets relatifs à la vie de la presse au Bénin. Au cours de cette sortie médiatique le président Aboubakar Takou et les autres membres du bureau ont donné la position du Pnpb sur l’audition publique instituée par la Haac et se sont prononcés sur la décision de la Haac  N°10-031/ Haac du 16 juin 2010 interdisant la campagne précoce. Au sujet de l’audition publique, le Pnpb estime que c’est un tribunal installé pour faire le procès des patrons de presse qui ne disposent même pas des moyens nécessaires pour se défendre valablement. Quant à la décision qui interdit la couverture d’événements jugés entrant dans le cadre de la campagne électorale, le président Aboubakar Takou et les siens ont laissé entendre qu’il n’appartient pas à la Haac  de définir  la période de campagne car seul le chef de l’Etat a les prérogatives de convoquer le corps électoral, ce qui jusque-là n’a pas été fait. Par conséquent, on ne saurait parler de campagne précoce. A travers les réponses apportées aux questions des confrères, le Pnpb a expliqué que cette sortie médiatique n’est dirigée contre personne mais s’inscrit dans une logique qui veut que les relations qui existent entre la Haac et les professionnels des médias soient plus courtoises et empreintes de respect mutuel. En un mot, le Pnpb a affiché sa volonté de voir les journalistes vivre mieux. Pour finir, les responsables du Pnpb ont expliqué qu’il y aura d’autres sorties du genre afin d’atteindre leurs objectifs.

 

                            Lire l’intégralité de la déclaration du Pnpb  

                                                                                                       

Codiam, le 30 Juin 2010

 

CONFERENCE DE PRESSE DU PATRONAT NATIONAL DE LA PRESSE DU BENIN (PNPB)

 

Chers amis des médias, vous n’êtes pas sans savoir que depuis le mois dernier, un groupe de responsables d’organes de presse ont décidé de porter sur  les fonts baptismaux un nouveau creuset dénommé, Patronat National de  la Presse du Bénin (Pnpb). C’est une association qui se veut essentiellement au service de la défense de la liberté de presse. Elle a pour vocation d’unir tous les acteurs de l’environnement des médias autour des idéaux de solidarité, de concertation et de la culture de l’excellence et du respect mutuel.

            Nous avons choisi de vous parler aujourd’hui de l’ambiance délétère qui règne entre l’institution censée de veiller sur la presse à savoir : la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) et les promoteurs d’organes de presse que nous sommes. Notre corporation vit actuellement des moments très difficiles avec la conjonction des dernières décisions de la Haac et de la poursuite des auditions publiques. Il nous est apparu nécessaire d’alerter l’opinion publique nationale et internationale sur l’engrenage dans lequel est plongée chaque jour la jouissance des libertés fondamentales en l’occurrence la liberté de presse. Un débat qui ne concerne pas que les journalistes, les promoteurs d’organes de presse ou les autres professionnels des médias. Nous allons juste nous limiter à quelques aspects de la problématique sur laquelle chaque Béninois soucieux de la préservation des acquis démocratiques doit se pencher sérieusement afin que les résolutions à apporter revêtent un caractère national. De quoi s’agit-il donc ?

 

                           

Les audiences publiques

 

Si à présent les professionnels des médias s’accommodent peu à peu à l’institution d’un « tribunal d’exception » à eux imposé par la Haac depuis plusieurs années, ils éprouvent du mal en revanche à subir, impuissants, une procédure de plus en plus enfermée dans la logique d’humilier les responsables d’organes de presse que nous sommes. Qu’on nous dise la démocratie au monde qui a institué un tribunal exceptionnel devant lequel les hommes de médias sont publiquement insultés, nargués, menacés, dénigrés sans possibilité pour eux de se faire assister de conseils d’avocats ou d’experts assermentés. Le prévenu est assis devant 9 juges accusateurs et exposé à un concert à la limite déshumanisant. Ces derniers jours, ces auditions publiques ont été l’occasion pour d’éminents conseillers à la Haac de faire étalage de leur militantisme et de leur fidélité à des partis politiques dans une posture de défiance vis-à-vis de leurs proies du moment. Au cours d’une audition publique le 23 juin dernier, certains conseillers de la Haac ont  fait des déclarations de coloration politique.

     

               - le premier a affirmé : - Moi, j’ai travaillé pour Yayi Boni qui est au  pouvoir, et si ce n’était pas la paresse je dois être également sur le terrain. Allez-vous me refuser cela ?

 

               - le second d’afficher aussi son appartenance politique : « Vous attaquez le Frap, je suis membre du Frap, vous m’avez aussi attaqué ». Ces déclarations montrent clairement que les décisions de la Haac ont une coloration politique.

 

             Nous convenons donc qu’au Bénin les journalistes sont assujettis à un tribunal des hommes politiques qui décident en premier et en dernier ressort du sort des organes de presse. L’actuelle Haac a poussé le bouchon un peu plus loin en prononçant non seulement la suspension de radio Capp Fm qui est de l’audiovisuel mais en ordonnant à un organe de presse écrite de suspendre ses parutions tout en menaçant d’autres de pires sanctions. Nous rappelons qu’en plus d’être des organes de presse, il s’agit d’entreprises soumises à des obligations d’ordre économique et social dans un pays à économie essentiellement fiscale et en proie à un chômage endémique et chronique. Cet entreprenariat apporte sa part contributive aussi minime soit-elle au trésor public afin de permettre le fonctionnement de l’Etat et de ses institutions dont la Haac. Toutes choses qui portent atteinte au rayonnement international du pays. Et nous sommes abasourdis d’entendre un haut responsable de la Haac déclarer être indifférent à la dégringolade du Bénin dans les classements d’organismes internationaux sur les libertés fondamentales à l’instar du prestigieux classement annuel de Rsf sur la liberté de presse dans le monde. Or, c’est sur la base de ces indices d’évaluation du niveau démocratique que le pays parvient à mobiliser les ressources extérieures nécessaires pour son développement. Une place de perdu pour le Bénin à un classement de Rsf, de Transparency-International ou de Amnesty-International se traduit par des milliards d’aide en moins pour la construction des hôpitaux, des centres de jeunes, de formation pour les hommes de médias que nous sommes etc… Vous comprenez bien chers amis la portée du drame qui se joue actuellement au sein de notre corporation.

 

            La Haac qui est censée protéger les droits des professionnels des médias se comporte avec nous comme une institution chargée de certifier la culpabilité de ses mêmes organes en perspective d’éventuels procès avec des tiers devant les tribunaux. Avant donc d’assigner un organe devant les tribunaux, les plaignants saisissent d’abord la juridiction d’exception qui est la Haac aux fins d’obtenir une condamnation à faire valoir devant les juges de droit commun.

 

            A ce jeu, la juridiction des pairs laborieusement mise en place par les professionnels des médias eux-mêmes à savoir l’Observatoire pour la déontologie et l’éthique dans les médias (Odem) est devenue la risée de certains conseillers à la Haac qui ne tiennent aucun compte de ses délibérations. Il est arrivé que la Haac  connaisse de dossiers déjà tranchés par l’Odem comme si cette dernière n’a jamais existé. Un professionnel des médias est donc soumis à une triple peine pour une même affaire. Il peut subir une condamnation de l’Odem, de la Haac puis du tribunal de droit commun.

 

Des dernières décisions de la Haac

 

 

 

Par ailleurs, la Haac a édicté de nouvelles règles d’ordre public que sont l’équité et l’équilibre dans les médias. Ce faisant, l’institution se substitue au législateur et concentre à son seul niveau le pouvoir de  créer des dispositions nouvelles et de veiller en même temps à son application. C’est tout le cheminement du système politique en vigueur au Bénin depuis la conférence nationale des forces vives qui se trouve complètement chamboulé.

 

               Chers amis, nous ne pouvons pas garder pour nous seuls en tant que responsables des médias cette situation qui fausse complètement le jeu démocratique et la jouissance des libertés fondamentales au Bénin. Ce combat est celui de tous les Béninois à commencer par ceux qui ont façonné la Haac à savoir l’Assemblée nationale. Car bien qu’institution constitutionnelle, la loi fondamentale n’a consacré que deux articles laconiques à la Haac. Tout le reste est l’œuvre de la représentation nationale à travers la loi organique sur la Haac actuellement en cours de révision. Notre souhait est que cette alerte à travers la conférence de presse de ce jour organisée par le Pnpb et toutes celles qui suivront dans les jours à venir aussi bien de la part des journalistes, des patrons de médias et des autres professionnels du secteur, ces alertes disais-je, ne tombent pas dans des oreilles de sourds et que le législateur réajuste le tir dans les meilleurs délais.

 

            Pour nous au Pnpb, nous ne réclamons que justice.

 

Je vous remercie.

 

 

 

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