Une fenêtre sur le Bénin et l'Afrique...
Plus qu’un
changement d’équipe, la configuration du dernier remaniement du docteur Boni Yayi n’est pas aussi simple que cela puisse paraître. En effet, une fin de mandat paisible mais aussi et surtout assurer un nouveau mandat, le gouvernement du chef de l’Etat devrait avoir l’allure d’un arsenal de guerre au regard de la complexité de l’objectif à atteindre. Il s’agira pour lui de former une équipe capable de gérer le reste du mandat et au même moment installer le turbo qui devra assurer un second mandat au numéro 1 des cauris. Et au regard de la crise socio-politique à laquelle, le pays est confronté actuellement, ce serait risqué de vouloir changer pour changer. D’abord, un nouveau gouvernement contraint le chef de l’Etat à respecter la lettre de confort des institutions de Bretton-Woods qui lui font obligation de reduire le nombre de porte-feuilles ministériels. Ainsi Yayi ferait beaucoup de mécontents que d’heureux. Car en voulant mettre à exécution ces recommandations du Fmi et de la Banque Mondiale, le chef du gouvernement se verrait dans l’obligation de remercier un bon nombre de ses collaborateurs qui vont gonfler le nombre de mécontents et qui à n’importe quel moment pourront rejoindre ses adversaires politiques. Une situation dans laquelle le chef de l’Etat, probable candidat à sa propre succession doit éviter à tout prix. L’autre chose qu’il ne faut pas oublier est le fait que les négociations entrant dans le cadre de la formation d’un gouvernement au sein duquel seront représentées toutes sensibilités politiques ont échoué. Aujourd’hui plus que jamais, Yayi doit même renoncer à cette option qui veut une collaboration de toutes les obédiences politiques à quelques encablures de mars 2011 s’il ne veut pas essuyer des surprises désagréables qui pourraient faire chuter davantage sa côte de popularité déjà malmenée. Au regard de tout ce qui précède, il lui revient de booster l’équipe en place, en lui donnant effectivement les moyens nécessaires pour affronter les derniers mois de son mandat qui ne seront pas de l’eau à boire. On ne change pas une équipe qui gagne dit-on souvent mais il ne faut pas oublier qu’il est important de soutenir une équipe volontaire et déterminée qui se cherche.