Une fenêtre sur le Bénin et l'Afrique...
Arnaud Koumondji
Le comité de suivi de gestion de la crise créé pour résoudre le scandale de l’affaire Icc-service, après deux mois d’investigation et de traque des biens mobiliers et immobiliers des responsables d’Icc-service, dispose à ce jour suffisamment d’éléments pour envisager un heureux dénouement à la crise engendrée par les sociétés de placement. A cet effet, pour permettre à la population d’être sur la même longueur d’onde que les membres du comité, son président Irénée Koupaki, invité le jeudi 30 juillet dernier sur la chaîne nationale, livre les dernières évolutions de leurs investigations.
Sombre et incertain il y a deux mois, l’horizon commence par s’éclaircir et laisse voir une lueur d’espoir pour les épargnants des structures illégales de placement. Après avoir gelé les comptes de toutes les sociétés de placement suite à la défaillance de solvabilité et au scandale généré par Icc-services, le ministre d’Etat Irénée, a affirmé que le comité, après avoir investigué sur le degré de solvabilité, de la plupart des sociétés de placement, est en mesure de rassurer les épargnants sur la récupération de leurs investissements. Mais avant d’envisager un quelconque remboursement, il est normal de connaître le nombre de personnes impliquées dans cette escroquerie afin d’évaluer la valeur financière du préjudice. A cet effet, jusqu’à la date du 28 juillet, 52.000 déposants ont été inventoriés, 124.000 contrats ont été validés, contrats dont la valeur est estimée à 70 milliards. Ce travail a été possible grâce à la promptitude du gouvernement qui a su se saisir du scandale et pris des mesures idoines pour que les victimes ne perdent pas leurs capitaux. Et parlant de promptitude, le comité a également très tôt rencontré et travaillé avec les responsables des sociétés de placement pour prendre connaissance des fonds à leur disposition, évaluer leur capacité de solvabilité et programmer dans les meilleurs délais le payement de certains épargnants. Dans ce même registre, le ministre a affirmé que certaines structures de placement sont prêtes pour démarrer le payement d’ici deux mois. Les sociétés qui ne sont pas prêtes, sont en train de se démener pour fixer une échéance de payement des épargnants. Dans tous les cas, le dégel des comptes, est subordonné à la disponibilité des fonds et à la publication d’une date de payement. C’est une mesure prise pour rassurer les épargnants par rapport à la récupération de leur épargne. Pour ce qui concerne le payement qui démarrera très bientôt, le ministre Koupaki a précisé que la priorité sera accordée aux petits épargnants par souci d’équité et de justice sociale. Il a également ajouté que les déposants qui n’ont encore perçu aucun intérêt seront privilégiés lors du payement. Mais en attendant l’échéance du payement, l’urgence aujourd’hui, c’est l’identification de tous les épargnants et le recensement de leurs contrats afin d’appréhender la somme déposée, les intérêts perçus bref, le relevé des avoirs pour avoir une idée globale du coût total avant le démarrage proprement dit du payement. Pour finir le ministre a tenu à rappeler que vu l’ampleur de la dette, il est impossible d’espérer un remboursement à 100%. Alors pour ceux qui ont déjà perçu une certaine somme avant l’éclatement de l’affaire, cette somme sera défalquée lors du remboursement. Pour ce qui concerne la rumeur sur une possibilité de payement par l’Etat, le ministre a affirmé qu’il était impossible d’utiliser l’argent du contribuable pour rembourser les épargnants des sociétés de placement.